Et la roupie tombait, tombait ...

Si la roupie tombe, il paraît que c'est la faute à l'Euro et à l'Europe (bien sûr). La RBI (Reserve Bank of India) n'est pas encore intervenue.
Et plus la roupie tombe, plus je deviens "riche" en Inde.

Si la roupie tombe, il paraît que c'est la faute à l'Euro et à l'Europe (bien sûr). La RBI (Reserve Bank of India) n'est pas encore intervenue.
Et plus la roupie tombe, plus je deviens "riche" en Inde.
Il suffit tout simplement de modifier la ligne de pauvreté (ou povery line) !
Nous avons donc les BPL (below poverty line = au dessous de la ligne de pauvreté) et les OPL (over poverty line = au dessus de la ligne de pauvreté). Le gouvernement indien a abaissé la ligne de pauvreté à :
- 22,4 roupies par jour et par personne à la campagne
- 28,6 roupies par jour et par personne en ville.
Cà donne ... des clopinettes. En comparaison, l'Euro est aujourd'hui à 70 roupies et je n'ose pas prendre ma calculatrice pour calculer combien de centimes d'Euro cela donne. Il faudrait de plus en toute justice voir le pouvoir d'achat (?) qu'on a en Inde avec 22,4 roupies.
Juste pour information, un litre de lait coûte environ 30 roupies (et c'est pour cela qu'on le vend par quart de litre).
Il n'y a donc plus que 30 % de pauvres en Inde. Facile !
C'est très beau d'avoir des abréviations du genre SC, ST, OBC (voir article précédent sur le sujet) mais à quoi ça sert ?
Quand vous faites partie d'un de ces trois groupes sociaux en Inde, vous avez droit à des places réservées dans les administrations, dans les universités et établissements d'études supérieures, même si votre moyenne ne vous aurait pas permis en théorie d'y accéder. Ceci évite que les Brahmines et autres castes supérieures ne trustent toutes les places. Un peu comme si, en venant d'un collège en ZEP, pardon, un collège de Réussite Educative, vous étiez prioritaire pour rentrer à Henri IV !
Maintenant, inutile de dire que les dits Brahmins crient au scandale et accusent le système de faire baisser le niveau (tiens, ça me rappelle quelque chose !) :

Personnellement, je suis la petite fille d'une ouvrière d'usine et la première de la famille à entrer à l'Université. Je serais donc plutôt pour des réservations, même si mes amis indiens sont définitivement contre.
Photographie de Chinmay Milind Morgaonkar, un de mes amis sur Facebook.

Le gros problèmes quand vous commencez à lire des journaux indiens, ce sont les abréviations. Les Indiens en mettent partout.
J'ai donc décidé d'en faire un petit recensement, en voici déjà certaines révélatrices de la structure sociale et économique du pays :
SC Scheduled castes
ST Scheduled tribes
OBC Other backward classes
BPL Below poverty line
OPL Over poverty line

Je ne vous ai pas encore parlé de l'IST. C'est le "Indian Standard Time" ou le temps standard indien.
Comme l'Inde est un pays très vaste et également très large, on aurait pu penser que le gouvernement allait mettre en place deux fuseaux horaires. Que nenni ! Ils ont coupé la poire en deux. Unity in diversity, je pense. L'heure est une des rares choses unifiées dans ce pays avec la monnaie.
L'heure indienne est en avance de 3 heures 30 en été sur l'heure française et de 4 heures 30 en hiver (tout celà, parce que nous, les français, nous changeons d'heure). Donc actuellement il est 17 heures 30 à Mumbai quand il est 14 heures à Paris.
Je ne vous parlerai pas du méridien de Greenwich au risque de compliquer la situation ...
Conclusion : à partir de 18 heures, il n'est plus décent de téléphoner à quelqu'un en Inde à partir de la France.
Hier, je suis allée voir "Indian Palace" au cinéma.
Le film se déroule à Jaipur. C'est l'histoire de sept retraités britanniques qui décident d'"outsourcer" leur retraite en Inde dans un hôtel de luxe ... qui se révèle vite moins luxueux que prévu. Chacun d'entre eux, ou presque, se retrouve marqué par le pays et leurs opinions sur la vie évoluent.
Malheureusement le scénario est un peu mou et seules quelques scènes donnent à voir ce qui aurait pu être un film d'exception.
Les scènes de rue sont intéressantes, elles sont dominées par une foule bruyante et omniprésente. Je proteste un peu : il y a aussi des matins calmes en Inde !
J'ai enfin reçu le mémoire de Siya sur la malaria. Pas mal du tout !
Campaign_for_Malaria_Siya_Kulkarni_RCS
Je ne vois qu'un seul problème : c'est que ce document est écrit en anglais et que pour rendre possible une large diffusion en Inde, il faudrait prévoir des campagnes spécifiques dans les langues locales ...
LE MONDE | 26.04.2012 à 12h38 • Mis à jour le 27.04.2012 à 10h41
Par Julien Bouissou (New Delhi, correspondant)
Dix ans après son introduction en Inde, le coton transgénique n'a pas rempli toutes ses promesses. La plante est vulnérable à de nouvelles maladies et la hausse des rendements est moins élevée que prévue.
Le gouvernement de l'Etat de l'Andhra Pradesh a ainsi annoncé qu'en 2011 la récolte sur près des deux tiers de ses surfaces cultivées avait été inférieure de moitié à celle de l'année précédente. Et, pour la première fois, le gouvernement du Maharashtra ainsi qu'un tribunal d'un Etat voisin, le Madhya Pradesh, ont ordonné au semencier allemand Bayer CropScience de verser près de 850 000 euros de compensation à plus de 1 000 agriculteurs pour leur avoir vendu des semences n'ayant pas donné les récoltes promises.
L'entreprise allemande rejette toute responsabilité et met en cause la "mauvaise gestion des récoltes ainsi que les conditions météorologiques difficiles". Elle étudie un recours en justice pour obtenir l'annulation de ces décisions.
Depuis l'introduction, en 2002, du coton génétiquement modifié en Inde, les récoltes ont doublé et le pays s'est hissé au rang de deuxième producteur mondial. Mais la "révolution blanche", comme on la surnommait au départ, suscite désormais la méfiance. Les opposants aux OGM estiment qu'au début des années 2000 la hausse des rendements était due, en grande partie, à une meilleure irrigation et à des conditions météorologiques favorables. Au cours des six dernières années, le rendement moyen par hectare a stagné alors que les cultures de coton transgénique ont plus que quadruplé.
VULNÉRABILITÉ AUX BACTÉRIES
En 2009, Monsanto a admis pour la première fois que sa variété de coton Bollgard avait perdu toute résistance au ver rose dans des champs du Gujarat, à l'ouest du pays. Deux ans plus tard, le directeur de l'Institut pour la recherche sur le coton (CICR), Kashav Raj Kranthi, a mis en garde contre la vulnérabilité accrue du coton transgénique aux bactéries.
"La productivité dans le nord de l'Inde devrait décliner en raison de la baisse du potentiel des semences hybrides, de l'apparition du problème du virus de la frisolée sur les nouvelles semences hybrides génétiquement modifiées et d'un haut niveau de vulnérabilité aux parasites suceurs (les variétés non génétiquement modifiées étaient résistantes)", lit-on dans un rapport publié en mai 2011. M. Kranthi constate également que les semences transgéniques consomment davantage d'eau et de nutriments, conduisant à l'épuisement des sols. Elles ont donc besoin d'engrais pour donner des rendements maximaux.
Ces engrais, insecticides et semences génétiquement modifiées ont un coût. Les paysans doivent s'endetter, souvent auprès d'usuriers locaux ou directement auprès des vendeurs de semences et d'engrais. La moindre chute des cours du coton ou des conditions météorologiques défavorables débouchent parfois sur des tragédies. En 2006, dans la région de Vidarbha, des milliers de paysans qui ne pouvaient plus rembourse leurs dettes se sont suicidés en ingurgitant des pesticides.
APPEL À UN MORATOIRE
Le coton OGM est une nouvelle technologie qui nécessite un savoir-faire pour être mise à profit. Chacune des 780 variétés mises sur le marché indien correspond à un type de sol particulier et à des besoins différents en engrais. Pour éviter que les bactéries ou insectes développent des résistances aux variétés transgéniques, des semences locales doivent également être plantées dans de justes proportions.
"Les petits paysans n'ont aucune idée de ce qu'ils achètent et savent encore moins comment faire pousser ces nouvelles variétés. Leur savoir-faire traditionnel est en train de disparaître", s'alarme Sridhar Radhakrishnan, de la Coalition pour une Inde sans OGM.
En cas de défaillance des récoltes, l'Inde n'a prévu aucune disposition juridique pour permettre aux agriculteurs de réclamer des compensations. "Si quelque chose ne va pas ou si les fermiers sont en difficulté, les Etats doivent prévoir des lois qui obligent les entreprises à leur verser des compensations", a admis devant le Parlement indien le ministre de l'agriculture, Sharad Pawar, le 30 mars.
Dix ans après l'introduction du coton transgénique, les semences locales ont quasiment disparu. Le marché des semences transgéniques, installé à grand renfort de publicité, est estimé à 280 millions d'euros. Les semenciers promettent de commercialise des variétés encore plus résistantes et moins consommatrices d'eau ou d'engrais. Les opposants, eux, appellent à un moratoire sur la culture du coton transgénique en Inde.
Julien Bouissou (New Delhi, correspondant Le Monde)
On vote aussi en Inde !