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Indomaniaque, mon blog de l'Inde

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19 septembre 2006

Ca, c'est précis !

A Pune, il y a un institut de météologie situé dans Deccan Gymkhana qui affiche pour les passants la température du jour. Très moderne ! Tellement moderne que ces gens-là ajoutent même une décimale aux degrés Celcius !

Il est vrai que 38,2°, c'est nettement plus chaud que 38,1 °.

Ils sont fous, ces Indiens ! Et d'autant plus fous que je n'ai jamais vu de thermomètre dans aucun foyer (ça vaut mieux pour le moral).

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18 septembre 2006

Qui suis-je, où vais-je, dans quelle étagère ?

 

plane

Bon, il serait temps que je me remue un peu pour mon voyage en Inde.

- par exemple, faire ma demande de visa : chèque de banque de 56 E + frais bancaires 13 E. Très chers, les frais ! Mais si je vais au consulat de l'Inde à Paris en train pour déposer la demande et payer en liquide et le lendemain pour récupérer le visa, le train me coûte deux fois plus cher ! Et si je passe par une agence spécialisée en visas, c'est encore pire ...

- dormir à Bombay : Il faudrait quand même que je joigne Babu, qui n'a pas reçu mon dernier mail. Sinon, je vais passer la nuit à Bombay sous les ponts. Vous me direz, je ne serai pas seule à dormir dehors. Oui, mais moi, Monsieur / Madame, j'ai un standing européen à tenir.

- j'ai reçu un mail de Ebookers qui annule et remplace le précédent au niveau des informations. Le problème, c'est que je n'ai vu aucune différence. Ah, si, ils m'indiquaient en plus les N° des sièges qui m'étaient attribués. Dois-je vraiment les communiquer à ma famille avant le départ, juste en cas de catastrophe aérienne ? ("la passagère du siège 4F a miraculeusement survécu !"). Ca semble être des sièges fenêtres, comme demandé.

- et maintenant, la valise. Je prends quoi ? Comme il n'y a qu'une heure et dix minutes de transit à Zurich, je me dis que les bagages en soute ne vont jamais avoir le temps de passer d'un avion à un autre, donc je me demande si je ne devrais pas prendre juste un bagage cabine. Si, si, je suis capable de voyager 3 semaines sans sèche-cheveux, trousse de manucure, trousse de maquillage ... mais voilà, et les nouveaux réglements ? Ils semblent n'être valables que sur les Etats-Unis mais on ne sait jamais.

J'erre donc gravement d'un état à l'autre ... mais dans quelle étagère ?

17 septembre 2006

L'eau du riz

riz

J'avais chez moi un ami indien et j'étais en train de préparer une ratatouille, plat quasiment inévitable quand on a des végétariens chez soi. Je fais donc cuire du riz, puis attrape l'égoutoir pour ôter l'eau en trop et ne garder que le riz.

Stupéfaction chez mon ami, presque scandalisé :
- Mais tu jettes l'eau du riz ! C'est là qu'est le plus nourrissant, c'est plein d'amidon !

C'est vrai que les Indiens font cuire le riz  "à la créole", avec un minimum d'eau, pas comme nous, en essayant de lui apprendre à nager.

Ca m'a rappelé une histoire indienne - vraiment triste - que j'ai lue, mais impossible de remettre la main dessus. C'est l'histoire d'un père et son fils, qui sont dans une misère extrême. Le fils, qui ne connait pas le lait (trop cher), demande à en boire, alors le père lui donne l'eau du riz, qui a à peu près la même couleur, en lui faisant croire qu'il boit du lait.

P.S. : si quelqu'un connait cette histoire et peut m'en fournir les références, merci de me laisser un message.

16 septembre 2006

Le coton et le rouet

Voici un texte sur la notion gandhienne d'économie. A l'heure où l'Inde a ouvert ses marchés et se développe à un rythme soutenu, que reste-t'il de cette utopie ? Rien, peut-être. Mais n'allons nous pas devoir y revenir dans cent ou deux cents ans faute de sources d'énergie, problème non envisagé dans cet extrait ? 

gandhi_rouet

Vinôbâ ou Le nouveau pèlerinage, Lanza del Vasto, Folio

 

Voici par exemple un problème économique : il pousse du coton dans le champ d'en face ; le maître du champ vend son coton à un collecteur qui le revend à un marchand qui le revend à un autre qui le transporte à Bombay où il est vendu à un exportateur qui l'embarque pour un port anglais où il est vendu à une usine qui en fait du coton filé et le vend à une autre usine qui en fait du coton tissé qui le vend à un marchand qui le vend à un autre qui l'expédie à Bombay où il est vendu à un marchand qui le vend à un colporteur qui le vend au village du maître du champ de coton.

En jouant à la balle avec des tonnes de coton on expose la marchandise aux mites et aux termites, à la moisissure et à l'incendie, au vol et au naufrage, à la hausse et à la baisse, à la crise et à la guerre.

Pour jouer à la balle avec des tonnes de coton il faut des milliers de kilomètres de rail, des ports, des docks, des entrepôts, des bateaux, des douaniers, des contrôleurs, des policiers, des tribunaux et des prisons, des bureaux, des banques et des bourses, des armées et des canons, des colonies et des peuples réduits en servitude, des usines, des machines et des millions de prolétaires toujours au bord de la rébellion.

Et voici maintenant l'économie du problème :

C'est que le maître du champ prenne une petite roue ou même une tige comme celle-ci et la fasse tourner jusqu'à ce qu'il soit vêtu du coton de son champ, lui, sa famille et tout son village, au lieu de faire tourner son coton tout autour de la terre.

Aucun économiste n'a trouvé ça. Il faut à ces gens-là des solutions compliquées et dignes de leur haut savoir. Des solutions qui posent d'autres problèmes, pour lesquels il faudra recourir de nouveau à leur haut savoir.

 

15 septembre 2006

Décorer le seuil de la maison - les rangolis

En Inde, mais surtout à la campagne, les femmes le matin très tôt dessinent à l'aide de craie ou de poudre de riz des figures traditionnelles sur le seuil de leur maison. Ces dessins s'appellent rangolis dans le Maharastra.

rangoli

Ces figurent sont transmises de mères en filles depuis la nuit des temps et ont un caractère bénéfique pour la famille. A l'occasion de grandes fêtes comme Diwali, les dessins sont encore plus beaux. Visiter le quatrième album photo où j'ai collecté différents modèles. La logique mathématique à la base de chaque dessin est impressionnante !

Pour encore plus de rangolis, cliquer ici. Vous trouverez une liste en anglais, cliquer sur chaque item.

 

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14 septembre 2006

Une pub indienne pour le dentifrice Happydent

Comme précédement évoqué, les Indiens adorent se brosser les dents. Voici une publicité indienne à grand spectacle pour Happydent ("les dents heureuses") qui promet des dents étincelantes ("sparkling") et qui m'a bien fait rire :

 

 


Pub happydent
envoyé par ringrp

En bas de l'écran, il est écrit en anglais en petits caractères que les scènes de trucage ont été jouées par des experts et qu'elles ne doivent pas être reproduites !

Même amusante, cette publicité me paraît curieuse par ailleurs, car en y réfléchissant, elle ne fait rien de moins au premier degré que l'apologie de la soumission et de l'abaissement de l'homme à l'état d'objet. Les Indiens savent-ils la déchiffrer au second degré ? Je ne sais pas.

13 septembre 2006

Le droit à l'eau

versova_beach    Versova (Bombay) - la plage

J'ai publié il y a quelques jours un article sur Coca-Cola, dont une pièce jointe qui racontait les révoltes des Indiens habitants près des usines de fabrication du breuvage en question et qui voyaient les nappes phréatiques baisser dangereusement, Coca-Cola  y pompant gratuitement et sans limites.

Il m'est revenu en tête une histoire similaire : j'ai un ami qui habitait Versova, un quartier de Bombay, où se trouve encore un petit village de pêcheurs plein de charme. Il y avait là un puits qui servait à la population locale, et où l'eau était gratuite. Mais voilà, certains hôtels des alentours en profitaient et venaient avec des camions citernes pomper l'eau ... afin de remplir leurs piscines, et l'été, le puits était quasiment à sec au grand désespoir des habitants.

Je comprends qu'en France, je reçoive une facture pour de l'eau livrée à domicile, potable, et retraitée après usage. Mais je ne comprends pas que de l'eau indispensable à la vie, bien commun de tous, et à peine potable soit détournée, que ce soit par Coca-Cola ou par des hôtels de luxe. L'eau, c'est la vie, même la vie des plus pauvres, ceux qui justement ne peuvent pas la payer.

12 septembre 2006

Du poireau pour les Jaïns ?

Les Jaïns sont une minorité religieuse de l'Inde. Ils ont une doctrine assez stricte, disons que ce serait un peu le protestantisme du sous-continent indien. Mais ce qui les distingue, hors de toute question de spiritualité, c'est leur régime alimentaire.

Les Jaïns sont végétariens. Jusqu'ici, rien que de très normal en Inde. Mais voilà, ils ajoutent quelques spécificités à leur alimentation : ils ne mangent que ce qui pousse au dessus de la terre !

Quelques exemples pour bien cerner le problème (il est recommandé d'avoir eu un grand-père à la campagne qui faisait lui-même son potager, ou d'avoir suivi des cours de botanique) :

- Pommes de terre, radis, oignons, ail, betteraves rouges, carottes, celeri rave, endives -> pas possible !
- Haricots verts, petits pois, courgettes, poivrons, citrouille, salade verte, tomates -> possible !

Et les poireaux me direz-vous ? Après une analyse détaillée, je vous répondrait que le vert de poireau serait éventuellement possible dans une soupe poireau - pommes de terre ... si les pommes de terre étaient possibles, ce qui n'est pas le cas. Quant au blanc de poireau, là, c'est impossible, même si le poireau vinaigrette c'est délicieux.

Un Jaïn pieux a donc toutes les chances de mourir de faim en France. Si vous avez un invité jaïn à la maison, un conseil : laissez-le faire son marché et sa cuisine. Vous n'avez aucune chance de vous en sortir en utilisant un livre de cuisine française !

12 septembre 2006

La circulation en Inde

Cette vidéo circulant sur tous les bons sites sur l'Inde, il me paraît indispensable de vous la montrer également. Fou rire garanti ou remboursé :

 


circulation routiere en inde
envoyé par sheerine

Personnellement, j'ai testé en Inde :

- la marche à pied. De stupéfaction en me voyant, un jour, un Indien à bicyclette a bien failli perdre le contrôle de son véhicule !
- la moto / la mobylette. Uniquement sur le siège arrière et sans casque. On a des principes ou on n'en a pas.
- l'éléphant. Pour monter au fort d'Ajmer. Un peu arnaque touristique.
- le char à boeufs. Disponible uniquement à la campagne. Forte secousses. On ne croirait pas, hein ?
- le rickshaw ou triporteur motorisé. Bien, parfois un peu polluant.
- les taxis. RAS.
- les bus de jour / de nuit. Divers niveaux de confort, et hélas souvent une vidéo à fond la caisse. Je mets deux jours à récupérer d'une nuit en bus ...
- les trains locaux à Bombay. Wouah ! Je prends les compartiments "Ladies only" parce qu'ils sont nettement moins pleins et qu'on y sent le jasmin que les femmes indiennes accrochent dans leurs cheveux. J'aime beaucoup l'ambiance.
- les trains grandes lignes de jour / de nuit. Jamais la nuit sans réservation. Jamais en première classe parce qu'on y rencontre trop de gens coincés. En seconde, les gens sont plus sympathiques. Quand j'ai le choix entre un train lent et un bus rapide, je prends le train, on peut au moins s'y mouvoir. Par contre, là, j'évite le compartiment "Ladies only" parce qu'on tombe souvent sur de vieilles bigottes traditionnelles.
- l'avion. Quand je ne peux pas faire autrement, faute de temps.

Je me refuse à :

- faire de la bicyclette sur un vélo pour homme. Les vélos pour femmes sont rares en Inde.
- faire de la mobylette (j'ai peur !), même si à Pune, c'est le moyen favori de déplacement.
- utiliser des vélo-pousses (il n'y en a pas à Pune, il n'y a que des rickshaw, ça m'évite le gros dilemne de l'occidental : utiliser ou ne pas utiliser ?).

L'avantage, en Inde, c'est l'extrême variété des moyens de circulation, à tous les prix et toutes les vitesses ...


11 septembre 2006

Des Indiens et des Roms

Cette anecdote n'est pas de moi, c'est Maryse - une connaissance à moi - qui me l'a racontée :

Elle se trouvait dans le métro parisien avec un groupe d'Indiens du Gujerat. Elle leur donna donc quelques consignes de sécurité en anglais ("faites attention à vos sacs" ...) puis, voyant de jeunes Roms traîner sur le quai, elle ajouta : "Méfiez-vous, ce sont de petits voleurs".

Les consignes furent traduites en gujerati, la langue locale du Gujerat, et, à la grande stupéfaction de tous, les jeunes Roms lancèrent une phrase véhémente - incompréhensible pour Maryse - puis s'en allèrent, visiblement vexés. Mais les Indiens avaient compris :
- Ils ont dit que ce n'était pas vrai, qu'ils n'étaient pas des voleurs !


La stupéfaction était totale, autant chez Maryse que dans le groupe d'Indiens.
Comment les Roms peuvent -ils comprendre les Indiens du Gujerat et inversement ? Et bien, il faut savoir que les Roms étaient au départ des nomades du Gujerat qui ont émigré au cours des siècles vers l'Ouest, tout en gardant la langue de leurs ancêtres. Les Roms sont des Indiens !

La morale de cette histoire, c'est qu'il ne sert à rien de signer des pétitions contre les Roms qui stationnent près de chez vous si vous avez fait un de ces merveilleux voyages en Inde pendant lequel vous avez admiré de ces nomades du Gujerat qui sont siiiiiii pittoresques !

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